Ce n'est pas un po me. C'est un rappel.
ALIF n'explique rien. Il rappelle.
Toute une vie, on cherche l'amour au-dehors. Dans les preuves qu'on accumule, les conqu tes qu'on additionne, les empires qu'on b tit pour combler un vide qui, peut- tre, n'a jamais exist . On avance, persuad qu'il faut m riter d' tre aim , devenir immense pour tre digne d'un regard. Et l'on passe c t de la seule chose qui attendait, intacte, sous les masques.
En vingt-neuf contemplations, une voix s'adresse cet tre press , puis de porter ce qu'il croit tre son visage. Cette voix est celle de l'Amour lui-m me. Elle ne juge pas. Elle ne console pas davantage. Elle d voile. Page apr s page, elle retire les verres h rit s travers lesquels on prend le monde pour un adversaire, elle rend leur joie ceux qui sont tomb s, elle repose les fardeaux qu'on portait sans les avoir choisis. Et elle rappelle une chose simple, que l'orgueil supporte mal: on ne m rite pas l'amour. On l'est d j .
Le livre avance en trois mouvements - le d voilement, la transformation, l'union - comme on revient lentement vers un centre qu'on n'avait jamais vraiment quitt . Port par une langue d pouill e, mi-chemin du po me et du rappel, ALIF se lit d'une traite ou se rouvre au hasard, n'importe quelle page, comme un livre de seuil que l'on garde pr s de soi. Chaque contemplation est scell e d'un signe calligraphi de la main de l'auteure, o l' crit et le trait ne font qu'un.
On peut tout savoir de moi, et ne m'avoir jamais connu.
une poque o presque tout se sait et o si peu se vit, ALIF d place le lieu du sacr non dans la r ponse, mais dans la pr sence. Il ne cherche pas convaincre. Il rappelle. Un livre lire lentement, et relire longtemps - jusqu' ce qu'un matin, sans savoir comment, on se souvienne de ce qu'on a toujours t .