Le sable tait trop blanc pour tre r el. Il n'y avait ni trace, ni bruit. Seulement le vent. Le bateau tait d j loin. Elle ne regardait pas la mer. Je ne regardais pas l' le. On ne savait pas combien de temps on tiendrait. Mais pour la premi re fois... on savait pourquoi on tait l .
Ce que vous venez de lire, je l'ai crit sur l' le. Pas d'un seul trait. Pas proprement. Pas toujours lisible. Parfois sur des morceaux humides. Parfois en oubliant des jours entiers. Parfois en crivant trop vite, parce que la lumi re disparaissait ou que le corps ne suivait plus. Ces phrases en italique, ce sont ces fragments. Bruts. Sans recul. Sans compr hension. Juste ce que je voyais. Ce que je faisais. Ce que je pouvais encore tenir. Le reste... Je l' cris maintenant. En France. Dans un endroit stable. Sec. Silencieux d'une autre mani re. Avec du temps. Avec de la distance. Et surtout avec quelque chose que je n'avais pas l -bas: la possibilit de comprendre.
Ce livre n'est pas une histoire. Ce n'est pas un r cit d'aventure. Ce n'est pas non plus une reconstruction h ro que. C'est ce qui reste quand on enl ve le confort, les habitudes, les r les, et les mensonges que l'on accepte sans les voir. C'est ce qui se passe quand deux personnes cessent de survivre leur vie... et commencent, enfin, vivre.