Rares sont les philosophes qui ont d fendu une conception du bonheur bas e sur le travail. Certes, en passant de la pr -modernit la modernit , nous sommes pass s d'une vision de l'inemploi comme principe de libert l'id e du travail comme condition au vivre-libre, mais jamais, comme Alain, on a fond le bonheur sur le plaisir de l'effort. M me Aristote, Epicure et Nietzsche, qui pourtant d fendaient l' tre-besogneux, n'os rent aller jusque l .
Pour le philosophe la prudence paysanne qui voyait dans une simple fraise tout le bonheur du monde, tout est question d'effort, de volont , et donc de labeur. La fraise, si elle rend l'homme heureux, il est n cessaire au pr alable de creuser la pelle une terre riche en humus et l'arroser r guli rement sans ne mouiller ni le feuillage et ni le fruit. Cela demande la fois du travail et une certaine dose de raison.
Pour autant, qu'est-ce que le besogneux si ce n'est un cr ve-la-faim fam lique et fauch , un purotin d cav qui roule son rocher comme Sisyphe sur son alpage ? Les mots dans la langue fran aise ont un sens. Sisyphe ne trimait pas sur un fraisier, mais sur des collines arides et malheureuses. Comment d s lors redonner du sens au travail ? C'est le pari du Revenu universel, une id e que l'on doit au philosophe Jeremy Bentham.
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