Cinq ans plus tard.
Florence n'avait pas chang .
Le matin, la lumi re dor e caressait toujours les toits rouges. Les cloches de la cath drale r sonnaient avec la m me douceur. Arno poursuivait son chemin, indiff rent aux histoires humaines qui naissaient et s' teignaient sur ses rives.
Mais la vie de Camille, elle, s' tait transform e.
Cinq ans avaient pass .
Elle se tenait dans l'atelier lumineux qu'elle dirigeait d sormais. Apr s des ann es de travail, elle avait ouvert son propre studio de restauration d'art. Sur les murs, des toiles sauv es du temps t moignent de son talent et de sa patience.
Dans un coin de la pi ce, une petite voix s' leva:
Maman ?
Camille se retourna.
Une petite fille aux boucles sombres courait vers elle, un dessin la main. Des yeux profonds, presque noirs. Les m mes que Alessandro.
Regarde C'est toi et papa
Le dessin repr sente trois silhouettes sous un grand ciel bleu.
Sous le ciel.
Camille sourit.
L'amour avait chang de forme.
Il est devenu plus calme. Plus profond. Moins fougueux que les premiers jours, mais infiniment plus solide.
Le soir, Alessandro rentra plus t t que pr vu. Il travaillait toujours dans l'architecture, mais il avait fond sa propre agence Florence. Son obsession n' tait plus la grandeur des projets, mais leur me.
Il embrassa Camille doucement.
Tu te souviens du jour o on s'est rencontr s ? demanda-t-il.
Tu m'as presque renvers e avec ma valise.
Il rit.
Le meilleur accident de ma vie.
Ils sortirent sur la terrasse alors que le soleil disparaissait derri re les collines toscanes. Leur fille s'endormit contre eux, paisible.
Camille regarda le ciel.
Elle pensa Paris. Thomas. la peur. la distance. l'accident. Aux doutes.
Tout cela n' tait plus une douleur.
C' tait devenu une partie du chemin.
Elle comprit enfin que l'amour n' tait pas une promesse parfaite.
C' tait un engagement imparfait, renouvel chaque jour.
Alessandro prit sa main.
quoi tu penses ?
Elle sourit.
Que parfois, il faut traverser la temp te pour comprendre que le ciel tait d j l .
Le ciel de Florence.
ternel.
Et sous lui, leur histoire continuait de s' crire non pas comme un conte sans fissures, mais comme une oeuvre restaur e avec patience.
Plus forte.
Plus lumineuse.
Plus vraie.