Ils se sont mis regarder, couter mijoter la soupe qu'on leur servait, sentir, go ter, m cher les aliments, mastiquer, savourer, choisir. Dans la masse qu'on leur servait, il y avait aussi de la bonne nourriture. Ils se sont mis comprendre que leur exp rience tait un savoir, une richesse et qu'ils taient en mesure de faire merger d'eux-m mes une r flexion sans se sentir oblig s de consommer ce qu'on leur servait de force, de force insidieuse. Tous ces restes de centres d'int r ts, tous ces r sidus de sujets de soci t , tous ces gaz d' chappement de r flexions intellectuelles ne leur taient pas in luctablement destin s. Ils pouvaient eux aussi inspirer la part des anges de l'existence: leur souffle de vie. Ils pouvaient souffler sur les braises de leur existence et insuffler un air nouveau.