"Perdus dans la vacuit de la modernit , combien, pour att nuer leurs peines, s'y sont aventur s dans ces mondes fantastiques ? Composante de la solitude que d'imaginer ce qui nous chappe. Elle se met projeter nos fantasmes les plus enfouis, et dans une soci t atomis e, dans une soci t o l'individu n'a plus aucune r sonnance, alors l'imagination, cette dose de morphine, instille ses projections, cr ant, d faut d'un paradis, du moins une r alit plus engageante, paisible. Beaucoup s'y leurrent l' ternit , de leurs chim res. L'imagination tue."
Simon Bouvier, vingt ans, aspire devenir un grand romancier. Sensible, po te, r veur, r volt , il d sire plus que tout mettre contribution ses qualit s pour trouver sa voie, se rendre utile et s' manciper. Incapable de se conformer, en proie un malaise existentiel des plus angoissants, il d gaine un beau jour la plume pour se purger, et ainsi entamer son premier roman. Entre son orphelinat, la difficult de l'enfance, son placement dans une famille d'accueil indigeste, surnomm e "Th nardier bis", l'angoisse de l'avenir, l'absurdit de son temps, le d clin de la litt rature et la m diocrit de sa g n ration, il n'omet rien. Il souffre, oui, mais souffre du mal contemporain: la solitude.