Peu de livres ont suscit autant de d bats sur la g ographie que le livre de l'Exode. Il d crit en d tail une s rie de miracles accomplis par le Seigneur Dieu des Isra lites pour les lib rer de l'esclavage en gypte, puis leur travers e du d sert jusqu' une montagne o Dieu descendit et leur donna la Torah. Ces miracles ont aliment de nombreuses sp culations au cours des 2500 derni res ann es, mais la travers e du d sert et l'emplacement de la montagne de Dieu restent les questions les plus fr quemment d battues.
La plupart des sp culations g ographiques proviennent d' rudits chr tiens et musulmans qui ont tent de retracer le parcours des Isra lites hors d' gypte pour trouver la montagne de Dieu. Cependant, de nombreuses montagnes ont t d couvertes le long des lieux mentionn s sur le parcours, car la plupart des emplacements sont sujets controverse. Une demi-douzaine de montagnes ont t identifi es, chacune associ e une liste de lieux le long du parcours, qui pourraient ou non correspondre aux emplacements originaux. Il ne semble pas s'agir d'un probl me nouveau, car m me cette poque, le nom de la montagne dans la Torah et d'autres textes h bra ques anciens changeait d'un paragraphe l'autre. Cette montagne est appel e Sina et Horeb dans la Torah, puis S ir dans le livre des Juges, consid r comme le plus ancien texte h breu n'ayant pas subi de remaniements importants.
La confusion quant la localisation de cette montagne provient principalement des diverses interpr tations de l'itin raire emprunt par les Isra lites hors d' gypte, ainsi que de l'identit de ces derniers durant leur s jour en gypte. Une partie de cette confusion est manifestement due la traduction de la Septante la Biblioth que d'Alexandrie vers 250 av. J.-C. Les traducteurs grecs ont utilis le terme mer rythr enne pour traduire l'h breu Suf Yam, qui signifie simplement mer des Roseaux ou mer des Papyrus . Le terme grec mer rythr enne tait un terme perse adopt qui d signait l'oc an Indien, le golfe Persique, le golfe d'Aden et la mer Rouge. Nul doute que les traducteurs grecs aient voulu se pr munir contre toute ventualit , ignorant tout du lieu o s' taient d roul s les v nements de Souf Yam. Cette erreur de traduction s'est malheureusement perp tu e dans la quasi-totalit des traductions chr tiennes des critures h bra ques, o l'on trouve le nom de Mer Rouge, y compris celles issues des textes massor tiques qui ne mentionnent pas la Mer Rouge. Ironie du sort, cette erreur a m me t r introduite en h breu, o la Mer Rouge est d sormais appel e Souf Yam, donnant ainsi l'illusion que la traduction grecque antique tait correcte. Or, les textes gyptiens antiques traduits au cours des deux derniers si cles pr cisent le lieu de l' v nement: il ne se situe pas en Mer Rouge, contrairement ce qu'affirment la quasi-totalit des traductions de la Torah et de la Bible.