Quelque part en M diterran e flotte une le sous le soleil; sur cette le vibre un village de p cheurs. Soller. Cela sonne un peu comme soleil. Un endroit o il tape fort; un soleil qui ce soir se vide dans la m diterran e comme une orange trop m re. Le temps coule, lui aussi, ou plut t il s' coule. On n'est jamais vraiment certain de l'heure qu'il est; les minutes poussent les secondes, cahin-caha. On devine, simplement, au soleil justement, et en pensant tout ce qui n'est pas faire, que c'est bient t l'heure. Mais on ne sait pas de quoi. Ce sont les vacances. Ce sont mes quarante quatri me grandes vacances. Je sais qu'il en reste probablement moins devant que derri re, c'est la vie. Je me sens jeune encore, mais d'apr s les statistiques, j'ai d pass la moiti de mon temps. C'est comptable, on n'y peut rien. Ca donne juste envie d'en profiter, mais ce n'est qu'une id e vague, qui ne m ne rien de pr cis. Et puis il fait trop chaud. Dans quelques heures peut- tre ? Dans quelques heures, plus tard; toujours plus tard. Et puis, franchement, que pourrait-il bien se passer ? J'ai bien r ussi dans la vie. Je suis mari , j'ai un chien, deux enfants, une maison, une assurance vie. Avant ma naissance, cela n'avait aucune importance, et apr s ma mort, cela n'en aura gu re plus. Je serai pass dans l'histoire de l'humanit comme ce wagon de tramway qui vient de s' brouer devant moi, emmenant son lot de touriste vers le centre ville, et qui bient t dispara tra l'angle de la rue. Plus personne n'en parlera. Jusqu'au prochain, dans quinze minutes. Un prochain toutes les quinze minutes. *** Trois lignes de fuite qui se rencontrent. Au bout, l'horizon, le pardon ou la mort. Trois lignes de fuite qui sont autant de fuites dans le temps: le pr sent, l'enfance qui peut peu rejoint l'hier, qui explique le pr sent. Nous y sommes. Un homme prend le train. Un train de r miniscences, de l'enfance ... quelques mois avant le d part. Une histoire qui explique pourquoi il est dans ce train, o il va. *** Mon p re avait apais le drame de notre d m nagement en nous racontant cette blague hilarante: - Au Havre, quand on ne voit pas la mer, c'est qu'il y a du brouillard. Et quand on la voit, c'est qu'il pleut Mais c' tait pas une blague. Ce jour-l , y avait pas de brouillard et il pleuvait dru. Ca d goulinait de partout: dans les rues, sur les toits, dans ma chambre aussi, et surtout dans mon coeur. C' tait d gueulasse voir. Je ne sais pas pourquoi il avait d cid de d m nager, mon p re, de quitter Toulon. Il faut dire qu'il avait toujours eu des dr les d'id es. Des id es qui n' taient pas dr les, par contre Maman souvent elle dit que mon p re c'est un original. Je sais pas trop ce que a veut dire mais le r sultat, c'est que a fait peine une semaine que je suis dans ma nouvelle cole et me voila en plein milieu de la cour de r cr entour de salauds qui tournent autour de moi en beuglant comme des nes: - Samuel il a pas de poil la bite
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