Quand m me, j'aimerais bien savoir d'o je tiens cette attirance pour les pistons. Peut- tre ce blues casser les carreaux que Buddy Bolden avait jadis jou devant moi, accompagn par Jelly Roll Morton, dans la maison de Lulu White. D'un seul coup, j'avais eu, sans bien comprendre ce qui m'arrivait, la r v lation que la musique n'est pas simplement des cort ges, des Zoulous, des rires, des caresses dans les coins et des noubas chez le coiffeur, mais aussi une solitude et une sorte d'attentat. Du pavillon de Bolden avait jailli une v rit qui faisait peur voir, mais c' tait quand m me la v rit toute nue.
Le grand Armstrong raconte aussi La Nouvelle-Orl ans, l'odeur de magnolia et le riz aux haricots rouges, les docks, le premier cornet achet cr dit, la fanfare du foyer pour enfants. On entend Satchmo rire, chanter, blaguer. Il descend de sc ne, il vient nous serrer dans ses bras, nous confier les ann es de mis re o il vendait du charbon la cri e. Et quel diable s'est gliss dans la peau du trompettiste ? Un romancier aux rythmes lectrisants, un homme, crit Sin , qui prend sa plume et la trempe dans son coeur pour parler de jazz .