Une rue de Moscou, vingt minutes du centre: c'est l'adresse de l'appartement o une petite fille de neuf ans a pour la premi re fois vu la silhouette du po te russe Boris Pasternak, li sa m re Olga Ivinska a par le grand amour que le monde entier allait partager en lisant Le Docteur Jivago. L vont commencer les p rip ties dramatiques qui suivront la publication du roman en Occident. La petite fille d'hier, peine sortie de l'adolescence, y sera m l e de tr s pr s. Arr t es apr s la mort du po te, la m re et la fille passeront plusieurs ann es au Goulag.
D'autres destins l gendaires vont croiser ceux d'Olga Ivinska a et de sa fille Irina: celui de l'opini tre Ariadna Efron, la fille de Marina Tsv ta va, r compens e par quinze ans de camp apr s son retour d' migration par enthousiasme prosovi tique; celui de l' crivain Varlam Chalamov, dont les R cits de la Kolyma ont grav jamais dans la prose russe toute l'horreur glac e de l'enfer sib rien. Autant de l gendes qui s'ordonnent autour de celle du grand po te qui les unit une commune ferveur.
L'une des images les plus fortes de ce livre nous montre les femmes baptistes pers cut es sous le lib ral Khrouchtchev: Irina Em lianova les a c toy es pendant son s jour au camp de travail de Ta chet, et nous dit son admiration pour leur foi joyeuse et sereine.
Ce livre a connu un franc succ s en Russie, sans doute parce que les preuves v cues y sont racont es avec une sorte de l g ret les grandes figures que l'auteur a crois es, en tout premier lieu sa m re, sont voqu es avec une admiration m l e de tendresse et d'humour.