Il n'y a pas de mot qui soit pour nous plus myst rieux ni plus mouvant que le mot conscience. Nous l'employons tour tour pour d signer cette lumi re qui nous rend pr -sent nous-m me et au monde et aussi, en face d'une action que nous venons de faire ou que nous allons faire, ce sentiment qu'elle est bonne ou qu'elle est mauvaise, en rapport avec un ordre qu'elle ne peut que respecter ou violer.
Mais la conscience sans laquelle nous ne pouvons rien conna tre, ni la r alit , ni le bien, semble se d rober elle-m me la connaissance. Peut-on parler d'une conscience de la conscience ? Et cette expression ne pr sente-t-elle pas une sorte de contradiction ? Car la conscience dont on a conscience devient alors une chose parmi beaucoup d'autres et perd tous les caract res qui la distinguent et qui l'authentifient. Et la conscience qui a conscience redouble son myst re quand elle applique son op ration elle-m me, et non plus un objet diff rent d'elle et qu'elle appr hende...
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