On a donn hier soir Don Juan l'Op ra. Je ne viens pas en faire l'analyse. Dieu m'en garde Trop de savants critiques, musiciens, po tes, ou la fois po tes et musiciens (comme Hoffmann par exemple) se sont exerc s sur ce vaste sujet, de mani re ne rien laisser glaner apr s eux. Je me bornerai mettre quelques id es g n rales propos de cette tonnante production toujours jeune, toujours forte, toujours l'avant-garde de la civilisation musicale, lorsque tant d'autres, dont l' ge n' gale pas la moiti du sien, gisent d j , cadavres oubli s dans les foss s du chemin, ou mendient des suffrages d'une voix cass e qu'on coute peine. Quand Mozart l' crivit, il n'ignorait pas que le succ s d'une oeuvre pareille serait lent, et que peut- tre m me il ne serait pas donn l'auteur de le voir. Il disait souvent, en parlant de Don Juan: Je l'ai fait pour moi et quelques amis. Mozart avait raison de n'esp rer que l'admiration du petit nombre de musiciens avanc s de son poque. La froideur de la masse du public devant le monument musical qu'il venait d' lever le prouva bien. Aujourd'hui m me, si la sup riorit de Mozart ne trouve pas en France de contradicteurs, c'est moins dans un sentiment r el du peuple dilettante qu'il en faut voir la cause, que dans l'influence exerc e sur lui par l'opinion constamment la m me des artistes distingu s de toutes les nations; opinion qui a fini par passer dans l'esprit de la foule comme un dogme religieux sur lequel la controverse n'est point permise, et dont il serait criminel de douter.
ThriftBooks sells millions of used books at the lowest everyday prices. We personally assess every book's quality and offer rare, out-of-print treasures. We deliver the joy of reading in recyclable packaging with free standard shipping on US orders over $15. ThriftBooks.com. Read more. Spend less.