Prends ton fils, ton unique (...) et va-t'en au pays de Moriyya, et l tu l'offriras en holocauste... La sc ne du sacrifice d'Abraham est l'une des plus c l bres de la Bible, mais aussi l'une des plus nigmatiques. Comment un Dieu aimant et tout puissant peut-il prof rer une injonction aussi absurde, puis sembler se contredire en retenant la main du Patriarche ?
Pour m diter cet pisode et en restituer la profondeur, trois auteurs r unissent ici leurs voix: un essayiste, un ex g te et un esth ticien.
St phane Mos s part de la constatation centrale que ce sacrifice n'a pas eu lieu et, s'appuyant sur les commentaires talmudiques, pr sente Abraham d chir entre les voix qu'il croit entendre, l'une d moniaque, l'autre divine; il montre ainsi la complexit d'une situation o la volont de Dieu s'enveloppe dans l'exp rience de la souffrance et du malheur. Marc de Launay propose une autre cause ce sacrifice paradoxal: c'est parce qu'il a sign une alliance purement temporelle avec le roi Abim lekh qu'Abraham, soumis l' preuve, va pouvoir se ressouvenir du sens de la Promesse. Olivier Revault d'Allonnes, commentant des ?uvres de Titien, Caravage, Rubens et Rembrandt, montre la f condit d'une traduction plastique de cette sc ne: le poignard, objet de vanit et arme exceptionnelle, n'est plus, chez Rembrandt, qu'un objet qui tombe, vanit parmi les cailloux du chemin.