L'humanit n'est rien, non, plus rien en tout cas qu'un informe ramassis de l ches et m prisables couards inaptes assumer la v ritable essence de l' tre, soit, tr s justement, l'individualit qui les compose en premier lieu puis les forme ensuite quoi qu'on en dise. Et l'on ose, partout, tous et chacun, moutons b lant sans fin ni finesse, parler d'individualisme, de cette galopante gangr ne, de ce nouveau mal du si cle, dernier-n des immondes chieries invent es par la masse superbement disciplin e et tout autant assujettissante des m dias en tout genre, t l vision en honteuse t te de brinquebalant cort ge Foutaises Bondieuseries Niaiseries d bilitantes pour puceaux et curetons On se noie dans la masse comme on croit s'en d faire, en ne r vant plus qu' atteindre un point plus haut que son voisin, pour mieux l'y craser lorsque voil la place prise, avec l'esprit, au seul esprit dudit conqu rant, l'image d'Epinal de celle de la Bastille, mais sans interroger les bornes cat goriques de l'exercice. D'ailleurs, sympt me parmi tant d'autres, tous du m me triste acabit: les gens n'ont plus de conversation. On parle de foot comme on parle de m t o, de la rentr e scolaire comme de la guerre au Soudan, de la famine dans le monde comme du dernier album d'une star de la pop, et du chemin qu'on prend comme s'il n'y en avait pas. La politique, elle, n'a plus de punch. On lisse les discours afin de ne choquer personne, ne touchant l tr s exactement pas un pecnot suppl mentaire. La soci t non plus n'a plus d'id es. Non qu'elle en ait jamais v ritablement d bord , mais enfin jadis les cherchait-on, au moins, comme on les estimait, tandis que, dor navant, on pense exactement comme on p te: de pr f rence en concours, pour faire le plus de vent possible, et en ne supportant hautainement pas son voisin ni la moindre de ses productions. Ouais, si personne ne comprend plus rien au monde, c'est parce-que personne ne veut plus rien comprendre, parce-que personne ne s'en donne plus le courage. Les gens sont morts, l'id e des gens est morte, dans l'ordre, en ordre, comme les derniers des crivains et les derni res rock-stars s'en sont all s baiser les anges, sinon plus prudemment, plus pudiquement aussi, simplement les embrasser, parce qu'ils les auront certainement trouv s bien plus francs du collier que leurs anciens fr rots. Ouais, la belle poque, la glorieuse et florissante poque des plumes s'est teinte avec elles en le contemporain marasme concurrentiel o personne ne dit plus tout haut tout ce qu'il pense sans tre tax d'extr misme, voire, bient t, demain, pourquoi pas, de terrorisme intellectuel, lorsque la libert d'expression requerra, pour son quotidien b n fice, l'exercice singulier d'une gu rilla permanente contre le reste des mondes. C'est moche. C'est ignominieusement moche. Mais c'est la triste r alit .
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