"N anmoins, l'avantage de mon d savantage, c'est que tous les travers de la soci t m'apparaissent, et l'un d'eux m'est particuli rement douloureux: le fatalisme. Quelque part, pour quelque motif, d ception amoureuse, deuil, perte mat rielle, banqueroute ou escroquerie, je sens que des gens d faillent, se d moralisent, se leurrent, s'insultent de grossi ret s novatrices afin d'extraire leur rancoeur, les m mes qui, le lendemain, comme moi, par je ne sais quel moyen, puisent en eux assez de force pour resoulever leurs cadavres afin de r affronter la m me douleur, la m me errance, la m me solitude, la m me journ e qu'hier et qu'avant-hier, que demain et du surlendemain."
Celui qui s'exprime n'a pas d'identit , c'est un d viant, et rien d'autre. Employ dans une modeste entreprise, seul, errant et souffrant, d'une nature introvertie et donc peu audacieuse, il ne voit rien de mieux, dans l'effroi de son bureau, de d peindre ses angoisses, son rapport au monde, sa col re face aux contradictions de son poque, son d sarroi face l'hypocrisie de ses pairs. A mesure que son monologue se d ploie, une question germe: et si, dans le fond, notre soci t tait remplie de d viants, comme lui ?
Influenc par des romans du genre, La Naus e, de Sartre, La M tamorphose, de Kafka, L' tranger, de Camus, et, bien videmment, Les carnets du sous-sol, de Dosto evski, Le D viant est la confluence de ces inspirations.