En ce d but de journ e du mois d'avril, cet appel matinal ne l'avait pas plus surpris que d'habitude. Il savait qu'il ne restait jamais bien longtemps glandouiller dans son minuscule bureau situ au dernier tage de l'h tel Beauvau, juste sous les combles. En g n ral, quand on le sollicitait, c' tait urgent. Mais cette fois-ci, l'urgence, elle-m me, devenait pressante. Les quelques mots de Lebrun, l' minence grise du ministre de l'Int rieur, en disaient long sur son aspect gravissime, le fait qu'un h licopt re de la gendarmerie l'attendait dans la cour d'honneur galement. Il en allait certainement du sort du gouvernement et lui, le commissaire divisionnaire Gabriel Lambert, en tait l'un des derniers d fenseurs.