« Les rois de France tr s-g n ralement ont t mauvais m nagers de la finance de leurs sujets. chaque r gne, des guerres entreprises injustement ou tr s l g rement conduites, co taient sang et argent; aussi la population tait-elle rare et pauvre. Les plaisirs de cour, les joies avec les courtisanes se payent et les rois ne s'en privaient pas. M me les rois qui depuis 300 ans ont conquis une certaine aur ole de r putation ont t des fl aux publics; regarder de pr s, deux seuls hommes, non rois mais ministres, ont t des bienfaiteurs de l'humanit Sully et Colbert. Ils n'ont pas pressur le peuple; sages, conomes, ayant le g nie de l'ordre, ils ont pu suffire aux grandes d penses de leurs ma tres sans augmenter sensiblement le poids de l'imp t. Sully retir du pouvoir par la mort du roi, le gaspillage entra aux affaires; et qu'est donc la maison priv e d'ordre, d' conomie et d'habilet ? Colbert mort, qu'arriva de la France ? L'ancienne gloire royale s' teignit; les d faites succ d rent aux victoires, la mis re publique devint horrible et le grand roi, le roi Soleil fut port Saint-Denis accompagn de l'ex cration de la nation. Apr s Louis XIV, son successeur, le roi crapule, l'amant de la Dubarry, le vaincu de la Prusse, de l'Angleterre, de tous ceux qui voulurent, laissa les finances de l' tat ruin es, et voisines de la banqueroute. Le roi Louis XVI, homme de bien et de nul g nie plia sous le poids; des habiles auraient fl chi, lui fut renvers ; la question omnipotente, celle de l'argent, tait grave; des dettes partout, des charges de cour excessives, des ressources nulle part; on vivait par artifice avec l'imp t de l'avenir engag des financiers. Restait la ressource de cr er de nouveaux imp ts et de s'adresser la g n rosit de la nation; plusieurs reprises, dans des cas extr mes, la royaut avait r uni les tats g n raux d positaires de la bourse commune. chacune de ces r unions, qui furent toujours rares, et pour cause, les rois les craignaient, les tats g n raux exposaient que les charges publiques taient lourdes outre mesure, que de nouvelles charges taient ruineuses et c' tait vrai. Les tats g n raux harcel s, finissaient par composer. Ils avaient se plaindre de mille oppressions royales et seigneuriales; ils demandaient soulagement en retour de la finance. L'engagement tant pris, les tats g n raux taient cong di s en h te et la promesse n' tait pas tenue. Mais la fin du si cle dernier, le gouvernement qui ne pouvait se passer des tats g n raux comprenait bien que les temps taient chang s, que les tats seraient plus exigeants, qu'ils demanderaient des garanties, qu'enfin ils taient assez puissants pour n' tre plus tromp s. La cour tait perplexe, reculait la convocation fatale, cherchait des exp dients, et son ministre Calonne crut faire oeuvre de g nie en instituant les tats provinciaux. Ces tats provinciaux qui n' taient pas en mesure d'obvier au mal, on le comprendra bient t, fonctionn rent peine une ann e. Dans notre province du Perche, ils ont pass inaper us, ou peu pr s. Qui s'en souvient aujourd'hui; quelles traces ont-ils laiss es; en quel coin cach trouve-t-on leurs oeuvres; quel bien ont-ils produit; quels historiens chez nous ont enregistr leur court et obscur passage ? Ils ont exist cependant, mais avec une ombre de pouvoir, priv s des moyens n cessaires pour op rer de grandes r formes et pourvoir aux n cessit s pr sentes. C'est en l'ann e 1787 que ce projet longuement m dit a eu son ex cution. L'installation a t p nible, pleine de minuties, de petits d tails; on entrait dans l'inconnu en h sitant; on commen a enfin.
L'Assembl e provinciale au Perche, 1788, par le Dr Jousset Date de l' dition originale: 1875 Appartient l'ensemble documentaire: BNormand1
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