Nos lecteurs n'ont peut- tre pas oubli le tableau que nous avons trac , il y a trois ans, des v nements qui avaient signal l'attention de l'Europe le pays semi-l gendaire de l'Abyssinie. Dans ces rapides esquisses, nous exposions les origines d'un conflit qui ne semblait pas alors appel prendre les graves proportions qu'il a aujourd'hui. Quels que fussent les motifs r els de l'arrestation arbitraire du consul anglais, M. Duncan Cameron, il paraissait improbable que Th odore II, avec l'intelligence sup rieure qu'on ne peut lui contester, songe t s rieusement provoquer une lutte o il n'avait rien gagner, et o ses puissants ennemis pouvaient compter sur le concours de la moiti de l'Abyssinie, insurg e depuis plus de cinq ans. Cependant l'improbable s'est r alis aux premi res provocations du roi des rois est venu s'ajouter le fait plus grave de l'arrestation, sans motif connu, de la mission anglaise charg e de n gocier la d livrance des captifs...