Il est aujourd'hui courant de brandir les droits de l'homme dans les relations internationales: certains Etats se pr valent d'une diplomatie des droits de l'homme dont la constance et l'efficacit sont pourtant sujettes caution; les ONG humanitaires se multiplient et croissent sans convaincre toujours; la promotion des grandes causes justifie interventions, ing rences, actions violentes. Le rem de ne serait-il pas pire que le mal ? Les droits de l'homme ne cachent-ils pas d'autres vis es franchement politiques ?
Les Etats sont-ils bien arm s pour d fendre les droits de l'homme face aux r sistances du r alisme, aux imp ratifs conomiques, aux d fauts de puissance, aux co ts de l'intervention, un droit rest r solument souverain, aux interd pendances entre gouvernants ?
Progr s r el mais invention combien fragile, la judiciarisation progressive de la sc ne internationale, de La Haye Arusha, de Pinochet Habr , r v le, au-del , un d placement du sujet, source de toutes les incertitudes: du peuple souverain au nom duquel on rendait la justice une humanit m ta-souveraine au nom de laquelle on ne sait pas encore le faire. Mais peut- tre la d mocratie va-t-elle prendre sa revanche l o on ne l'attendait pas: dans le calcul r aliste de ceux qui d couvrent que les dictatures taient hier utiles et qu'elles sont co teuses et encombrantes aujourd'hui alors que triomphent les besoins d'int gration.
Les Etats sont plus que jamais sous surveillance: celle de conventions qui ne sont pas seulement ou pas toujours formelles, celle de leurs semblables dont ils d pendent de plus en plus; celle d'un espace international sujet bien des manipulations mais qui d bat, agit, proteste et se mobilise. En cela, la demande des droits de l'homme est symptomatique des donn es nouvelles de la vie de la plan te, de ses impasses et de ses promesses. En analyste incisif des Etats dans le monde contemporain, Bertrand Badie nous fait voir, entre thique et volont de puissance, les relations internationales sous un jour in dit.