1916 est rest e dans la m moire collective comme l'ann e de Verdun et de la Somme, des batailles dont la propagande fran aise veilla souligner qu'il pouvait s'agir l d'un tournant d cisif au moment o la guerre est en train de devenir totale.
De plus en plus, diplomatie, questions conomiques, financi res et militaires s'entrem lent et n cessitent des concertations continues travers des conf rences interalli es. Arme double tranchant, le blocus impose des contraintes aux Alli s, confront s aux protestations des Neutres craignant pour leur commerce et la s curit de leurs navires, alors que la guerre maritime s'intensifie. La contrebande se d veloppe. Le blocus n'emp che pas la course aux march s soustraits aux Allemands en Afrique ou en Chine. C'est dans ce pays que l'on part en qu te de main-d'oeuvre pour le front du travail , d sormais enjeu crucial qui porte s'inqui ter du traitement des populations civiles des zones occup es et des prisonniers de guerre, soumis au travail forc en Allemagne, sans compter le dilemme que constitue leur ravitaillement.
Mais il existe d'autres menaces: celles qui p sent sur l'Empire fran ais, en Indochine, y compris de la part de l'alli japonais, et, surtout, dans les colonies musulmanes. On y redoute l'action subversive des agents ennemis turcs et/ou allemands, avant que la r volte du ch rif Hussein de La Mecque, encourag e par les Britanniques, puisse laisser entrevoir le soutien des populations arabes. Au Levant, les chr tiens ne sont d'ailleurs plus l'unique cible des exactions du gouvernement jeune-turc. De fait, l'autre grande affaire reste la Question d'Orient et le sort de l'Empire ottoman avec la n gociation des accords Sykes-Picot. L'attention port e aux fronts d'Orient se renforce, tout comme les pressions pour faire entrer la Gr ce et la Roumanie en guerre ou les efforts pour pr server ce qui reste de l'arm e serbe. Malgr les victoires au Caucase, la situation int rieure de la Russie pr occupe.
D j l'apr s-guerre et la conf rence de la Paix se pr parent. La France ne voudrait pas que la victoire, dont Verdun semble porter la promesse, lui soit vol e. D'o la m fiance l' gard des congr s pacifistes des socialistes europ ens, des offres de paix de l'ennemi par l'interm diaire des tats-Unis ou des Neutres, et le constat circonspect des divergences d'int r ts sous-jacents avec l'alli anglais.
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