...Condorcet n'a pas t un acad micien ordinaire, vou aux seuls travaux de cabinet; un philosophe sp culatif, un citoyen sans entrailles; les coteries litt raires, conomiques, politiques, se sont empar es depuis longtemps de sa vie, de ses actes publics et priv s, de ses ouvrages. Personne n'a eu plus souffrir de la l g ret , de la jalousie et du fanatisme, ces trois redoutables fl aux des r putations. En tra ant un portrait que je me suis efforc de rendre ressemblant, je ne pouvais avoir la pr tention d' tre cru sur parole. Si pour chaque trait caract ristique je m' tais born r unir, conserver soigneusement pour moi seul, tout ce qui tablissait la v rit de mes impressions, je n'aurais pas fait assez: il fallait mettre le public m me de prononcer en connaissance de cause entre la plupart de mes pr d cesseurs et moi; il fallait donc combattre, visi re lev e, les vues fausses, mensong res, passionn es de ceux qui, d'apr s ma conviction intime, n'ont rien saisi de vrai et d'exact dans la grande, dans la majestueuse figure de Condorcet...